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Passage au Kurdistan

07 Jan

Ne pas croire les sites internet qui vous disent que les trains turcs ont une cafétéria. C’est avec quelques cookies, des pistaches et 3 clémentines que nous avons embarqué dans le train… Et nous en sommes descendus l’estomac dans les talons 20 heures plus tard à Tatvan !

Mais Tatvan et la dernière heure de train nous avait fait oublier qu’on avait faim. De la neige ! Partout, un paysage blanc à perte de vue. Le train se frayait lentement son chemin, les rails enfouis sous la neige. Les bergers et moutons présents quelques kilomètres auparavant avaient disparu : c’est un vrai blizzard qui était tombé pendant la nuit.

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Les aléas des voyages en train en hiver...

Arrivés à Tatvan à 15h30, il nous fallait encore traverser le lac de Van (ferry, 5 heures) ou le contourner (bus, 2h30). Un peu perdus à la gare, entourés de militaires un peu partout (70% de l’armée est basée au Kurdistan à cause de la menace terroriste posée par le PKK), nous voilà à tenter de demander notre chemin « Otogar? Nerede? » sans même savoir si la distance est marchable ou s’il nous faut attraper un des dolmus qui sillonnent les routes.

Un étudiant nous dit d’attendre : quelqu’un va l’y emmener sous peu. Finalement, 20 minutes plus tard, un gars de la station arrive, prend sa voiture et nous emmène au terminal de bus… qui était à 400m de là. Au moment où le dernier bus pour Van partait, sans place disponible…

Nous voilà donc sur le bord de la route avec notre étudiant, qui se met à papoter avec un homme au téléphone. On attend, sans trop savoir quoi faire. Et là, 2 minutes plus tard, voilà l’homme qui hèle un dolmus, en sifflant et courant après comme si sa vie en dépendait. On court tous après, nous toujours sans savoir pourquoi.

Le dolmus était plein à ras-bords. C’est un minibus de 12-14 places, avec une étroite allée au milieu. Les sièges étaient tous pleins, les enfants empilés sur les parents, et 3 adultes dans l’allée. Et il fallait nous caser, nous 2, l’étudiant, et nos sacs. Pour ce qu’on pensait être un cours trajet jusqu’au centre-ville de Tatvan (et là, chercher un hôtel). Autant attendre le prochain dolmus, non?

Non. On ouvre la porte arrière, enfourne nos sacs et on nous dit « 17h30. 15 lyra. » Il est plus de 16h, Van est à 2h30 de là, on a aucune idée d’où on va.

Mais tout le monde semble savoir et, même si personne ne parle Anglais, on décide de faire confiance. Au pire, s’ils nous lâchent dans un village inconnu, dans la neige, par nuit noire, on se fera héberger par des habitants et ce sera une aventure de plus !

Monter dans le dolmus était une aventure en soi, mais on réussit à s’entasser tous les trois. Puis, au centre-ville, suffisamment de personnes descendent peu à peu pour qu’on puisse tous s’asseoir confortablement. Et c’est parti pour la campagne, l’estomac toujours dans les talons parce qu’on s’est fait trimballer de droite à gauche comme une balle de flipper par des gens qui savaient mieux que nous ce qu’il fallait faire.

Mais les Kurdes ne sont pas seulement prompts à aider, ils sont aussi généreux et adorables. 30 minutes après notre départ, voilà qu’on s’arrête et que le chauffeur va acheter des biscuits et des jus de fruits pour tout le monde :) Arrivés à Van (à 18h30), c’est notre étudiant qui nous invite à venir dormir chez lui ! Mais un couchsurfeur nous attendait déjà, donc on a décliné.

Sans exception, les gens de Van ont été les plus chaleureux et fantastiques de notre voyage. À sortir en t-shirt dans la rue dans le froid pour nous montrer le chemin. À refuser que l’on paye pour le kilo de mandarines acheté. À nous accompagner aux arrêts de dolmus et à les arrêter pour nous. À nous demander si on avait besoin d’aide dès qu’on ouvrait le Lonely Planet dans la rue. À sourire, encore et encore.

Les Kurdes… Incroyables.

Et la neige, pour couronner le tout !

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On n’est resté qu’un jour à Van, car le train pour Tabriz partait le mardi soir, au lieu du mercredi soir indiqué sur le site web. On se sera contenté d’essayer leur très célèbre petit-déjeuner, de marcher dans la rue, de voir le musée de l’extérieur (toujours fermé après le tremblement de terre de l’année dernière), et d’apprécier les gens.

Une chose est sure : on veut tous les deux y retourner ! :)

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Petit-déjeuner traditionnel de Van. Miel des montagnes (jamais eu de meilleur), de la crème (c'était comme de manger du lait solide, trop bon), le fromage aux herbes de Van, les tomates & concombres obligatoires, le pain, le çay...

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Publié par le 7 janvier 2013 dans Turquie

 

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