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Tabriz, la plongée dans l’hospitalité iranienne

12 Jan

Demandez-nous ce qui nous a marqué à Tabriz et on pourrait éventuellement vous citer la tour de guet de la station de pompier, la mosquée bleue reconstruite, ou les très vieilles pierres du bazar (héritage mondial de l’UNESCO), ou le très bon musée de l’Azerbaïdjan. Mais ce qui nous a le plus marqué, c’est Reza* et sa famille.

Bazar de Tabriz : les ruelles bondées

Bazar de Tabriz : les ruelles bondées

Bazar de Tabriz : les entrepôts, vides de monde

Bazar de Tabriz : les entrepôts, vides de monde

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Le bazar : du riz, du fromage (?), et du shampooing. Oui, oui, les barres oranges, c’est du shampooing :)

Oeuvre exposée au musée, par le sculpteur Ahad Hosseini (le même que celui qui a créé les premières marionnettes des Guignols). La sculpture s'appelle Anxiété, et représente un dragon parsemé de soldats et de têtes hurlantes. Le réalisme des gens et de la peur sur leur visage était ahurissante.

Oeuvre du sculpteur Ahad Hosseini (le même que celui qui a créé les premières marionnettes des Guignols). La sculpture s’appelle Anxiety (Anxiété), et représente un dragon parsemé de soldats et de têtes hurlantes. Le réalisme des gens et de la peur sur leur visage était ahurissante. Toutes les sculptures exposées étaient criantes de réalisme et lourdes de sens. Très très bon !

On nous avait prévenu : l’hospitalité des Iraniens est légendaire et les invitations à prendre un thé / venir souper / rester dormir allaient pleuvoir. Oui, mais dès le premier jour ?

Après avoir posé les sacs, direction le bazar, où l’on espérait trouver l’office de tourisme pour nous indiquer le chemin des bons bureaux de change. Evidemment, trouver un bureau dans un bazar peuplé de dizaines et dizaines de ruelles, c’est plus facile à dire qu’à faire… A l’arrêt, plongés dans la carte du Lonely Planet, voilà qu’un jeune homme s’arrête « Can help? » (Peux aider?). On lui montre la carte, répète « Tourism Office », il nous fait un signe et nous voilà partis à la queue leu leu.

Manque de bol, Reza ne connaissait pas du tout l’office de tourisme, et comprenait à peine ce qu’on disait. Le voilà qui téléphone donc à son ami avocat, Ali*, qui parle un Anglais superbe. Il nous le passe, on s’explique, on repasse le téléphone à Reza, et cette fois, il part d’un pas décidé. On le suit, on arrive et… ah… c’est fermé de 14h à 16h. Il est 15h…

Pour le remercier de sa gentillesse, on lui demande « You want to have lunch? » (Tu veux aller déjeuner?), avec dans l’idée de lui payer le repas. Ok, qu’il dit. On fait 10 mètres avant qu’il ne propose « Lunch, my home ». (Déjeuner, ma maison). Ouh là, déjà? Ok, qu’on dit, ça doit pas être très loin.

Que nenni! Nous voilà embarqués dans un taxi à partir dans les faubourgs de la ville! Lorsqu’on arrive, on se rend compte qu’il a appelé ses frères et soeurs pour les prévenir, que son ami Ali arrive bientôt, et que sa mère est en train de préparer le repas. Un peu impressionnés, on se laisse guider, on proteste pour insister de le faire à la manière iranienne et de s’asseoir par terre, sur les tapis. Et on discute. Ali arrive. On discute. Le déjeuner arrive. On discute. On prend des photos. On rigole. On s’échange des mots en Farsi et en Anglais.

Ferdi, Reza et Ali, ainsi que le père de Reza

Ferdi, Reza et Ali, ainsi que le père de Reza

Moi et une nièce (ils me demandaient tout le temps si je ne voulais pas enlever mon manteau, mais mon pull était un peu court et je ne voulais pas faire de faux-pas dès le premier jour)

Moi et une nièce (ils me demandaient tout le temps si je ne voulais pas enlever mon manteau, mais mon pull était un peu court et je ne voulais pas faire de faux-pas dès le premier jour)

Avant même qu’on s’en rende compte, il était 19h30. Reza et Ali prennent le bus avec nous pour nous raccompagner à l’hôtel. On se dit « Invitons les à prendre une tasse de thé pour les remercier », mais on aura dû, là aussi, se battre pour réussir à payer à la fin. Ni le taxi, ni le bus, on aura pu les payer.

Rendez-vous est pris pour le lendemain !

Et le jour suivant !

Ce dernier jour, invités pour dîner, on décide de faire les choses bien, et on achète des biscuits et des fruits pour le dessert. Quelle idée ! Ils ont refusé, évidemment. Après avoir insisté (la coutume), ils acceptent… mais essayent de nous en faire manger toute la soirée, pour qu’on en profite plus qu’eux. Reza, venu nous chercher à l’hôtel, nous y raccompagne en fin de soirée, et nous confie un sac de fruits : c’est pour ma grippe, qu’il dit, ça me soignera.

On apporte des fruits, on repart avec des fruits… :)

Moi, Ferdi, Reza

Moi, Ferdi, Reza

Le lendemain, réveil matinal, à 7 heures, pour se rendre au terminal de bus : derniers moments à Tabriz. Reza a insisté : à 8h, il est en bas de l’hôtel, et nous accompagne au terminal. Il hèle un taxi, le paye discrètement quand on ne regarde pas (comme d’habitude…) et nous trouve un bus. On aura même l’impression qu’il argumentait avec le vendeur pour nous demander un meilleur prix. Et lorsqu’on essaye de lui payer la course de taxi pour rentrer ? « No! My country, my guests ». (Non, mon pays, mes invités).

Et de nous dire que si jamais on retourne à Tabriz, on aura toujours une maison et une famille.

Ah, ces Iraniens… :)

* Pour des raisons de sécurité, juste au cas où, j’ai changé les noms, et ce sera de même pour les autres articles. Evidemment, il y a les photos, mais c’est mieux que rien.

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Publié par le 12 janvier 2013 dans Iran

 

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