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Aventure improvisée au Mont Lang Bian

30 Mar

Au vu du nombre de cascades dans la région de Dalat, j’étais incapable de me fixer sur un nom en particulier à aller visiter. Coup de chance, dans une autre catégorie (randonnée), il n’y avait qu’une seule proposition dans le Lonely Planet : ça aide à choisir ;)

Le village de Lac est à 12km au nord de Dalat, facile d’y aller en moto ou en bus donc (checker sur Tripadvisor, il y a les numéros de bus dans un des commentaires). En fana de moto, j’ai évidemment décidé d’y aller seule, un peu à l’improviste, plutôt que d’aller payer 30$ pour me faire accompagner par un guide local. Une montagne, ça ne peut pas se louper, non ?

Effectivement, armée de mon téléphone et de son GPS, j’ai trouvé l’entrée sans soucis. On gare la moto dans un magasin, on achète le billet d’entrée dans la réserve, et on commence l’ascension… sur du macadam ! La montagne est en fait constituée de 2 pics, donc le plus petit héberge une station radar, est accessible en voiture, et est supposément « l’attraction principale », que la plupart des gens (non informés) vont faire. Tu payes 1€ ta place dans une jeep, tu montes au radar, tu regardes la vue, tu fais « ah… ok, j’ai vu, c’est bon », et tu redescends. Un peu la déception, non ?

Là où je n’étais pas improvisée, c’est que j’avais fait mes devoirs et que j’avais trouvé les indices pour prendre un petit chemin en terre, à 200m de l’entrée, pour passer directement sur les crêtes et dans la forêt de pins. Il y a eu quelques modifications depuis, avec un grillage posé sur le « chemin » (de l’herbe…) vers les crêtes, et donc j’ai fait un petit détour par le village du bas de la montagne, avant de couper sur la colline et de trouver la forêt (mon GPS est mon ami, sérieusement !)

De passage au village et j'entends un drôle de bruit. Je me retourne, et je vois des têtes qui dépassent :)

De passage au village et j’entends un drôle de bruit. Je me retourne, et je vois des têtes qui dépassent :)

Les serres qui envahissent la région, mais protègent bien des déluges (et de la grèle)

Les serres qui envahissent la région, mais protègent bien des déluges (et de la grèle)

Au passage, j'épie les petits vieux qui ramassent les fraises (si, si) qui iront alimenter les marchés du pays

Au passage, j’épie les petits vieux qui ramassent les fraises qui iront alimenter les marchés du pays

La montée vers la forêt est un peu raide, et je suis au milieu d’une étendue d’herbe, sans savoir si c’est un champ qui appartient à un villageois… mais tant que personne ne me crie de descendre, je monte vite fait. A mi-chemin, je fais connaissance avec les « chevaux à demi-sauvages » évoqués par le LP : des chevaux qui n’appartiennent à personne et vivent aux alentours du village. Je trippe, j’adore, je suis amoureuse !

A mi-chemin, en pleine montée vers le sommet de la crête de la colline

A mi-chemin, en pleine montée vers le sommet de la crête de la colline

Le poulain de l'année

Le poulain de l’année

La liberté... Si j'habitais ici, ça fait longtemps que j'aurais essayé d'en domestiquer un (et de le laisser vivre en liberté quand même, mais oui !)

La liberté… Si j’habitais ici, ça fait longtemps que j’aurais essayé d’en domestiquer un (et de le laisser vivre en liberté quand même, mais oui !)

Tellement beaux...

Tellement beaux…

Une fois la crête atteinte, je me suis « un tout petit peu perdue » dans la forêt. Un embranchement ici, un autre là, quelques papiers de bonbons qui me font croire que je suis sur un chemin fréquenté… Et me voilà dans un maquis, un embrouillamini de pins, de buissons, de tout ce que vous voulez. Mon GPS revient à la rescousse, je trouve un tracé noir tout fin sur Google Maps (je vous jure, y’a plus d’aventure…), et je remonte de 100m pour trouver le vrai chemin.

L’endroit est idyllique. Une forêt de pins aérée, toute pleine de senteurs, du bruit du vent dans les branches, du pépiement des oiseaux. La chaleur qui monte du sol et qui fait ressortir l’odeur des aiguilles, c’est le paradis ! Trop longtemps depuis que j’ai visité une forêt de pins :)

Le chemin retrouvé :)

Le chemin retrouvé :)

Les frondaisons dans la brise

Les frondaisons dans la brise

Et puis ça monte (sec), pendant probablement une bonne demi-heure, jusqu’à ce que je retrouve la route. Pas pour très longtemps heureusement : 50m plus loin, une deuxième guérite marque l’entrée du sentier qui monte au sommet de la montagne. La route, elle continue vers son radar totalement dépourvu d’intérêt. Je paye mon deuxième droit d’entrée, me rend compte que je suis la première personne à passer ici aujourd’hui, et continue mon chemin, trop excitée à l’idée d’être toute seule et d’avoir une montagne pour moi toute seule. La liberté, je vous dis !

Le chemin à ses débuts : on est toujours dans la tendance "pins" :)

Le chemin à ses débuts : on est toujours dans la tendance « pins » :)

Quelques fleurs pour vous rappeler que c'est pas comme à la maison, quand même

Quelques fleurs pour vous rappeler que c’est pas comme à la maison, quand même

Et une autre !

Et une autre !

Il est bien plat ce chemin... Enfin, je vais pas me plaindre, ça a bien grimpé tout à l'heure, je suis peut-être presque à la même hauteur que le sommet ?

Il est bien plat ce chemin… Enfin, je vais pas me plaindre, ça a bien grimpé tout à l’heure, je suis peut-être presque à la même hauteur que le sommet ?

Ah... non... Le voilà, le sommet !

Ah… non… Le voilà, le sommet !

Et donc, de forêt de pins toute plate, toute gentille et toute odorante, je passe à la jungle. Ca commence à monter raide de nouveau, la végétation change (marrant, vraiment…), et c’est un changement total de décor. 10 minutes auparavant, je gambadais gentiment, et tout d’un coup je suis à me répéter que je ne lâcherais pas l’affaire, que j’irais jusqu’au bout, et que je suis une gagnante. Oui, on s’encourage comme on peut ;)

Changement de végétation ;)

Changement de végétation ;)

Et ça monte, ça monte, ça monte ! Après, on est passé aux marches, tellement c'était raide !

Et ça monte, ça monte, ça monte ! Après, on est passé aux marches, tellement c’était raide !

Et, finalement, le sommet ! Rien que pour moi, comme prévu :) J’en profite pour laisser un peu libre court à ma folie naturelle, c’est pas tous les jours qu’on est seuls au monde. Bon, je n’ai pas hurlé à la lune pendant plus de 5 minutes, je vous jure ;)

Le temps de faire ma méditation quotidienne, de manger mes biscuits (oups, il est midi !) et de vider la moitié de ma bouteille d’eau, je décide de prendre quelques photos et de me faire la malle : il a plu à 13h la veille et, autant ces nuages ont l’air de passer seulement, autant je préfère ne pas tenter.

La pose, il fallait :) 2167 mètres, probablement 600m de dénivelé sur 5km pour la grimpette.

La pose, il fallait :) 2167 mètres, probablement 600m de dénivelé sur 5km pour la grimpette.

La vue sur la vallée. Et, oui, je suis partie des petites serres tout en bas :)

La vue sur la vallée. Et, oui, je suis partie des petites serres tout en bas :)

La juuuuuuuuuuuungle :)

La juuuuuuuuuuuungle :)

Je ne me lasse pas, vraiment !

Je ne me lasse pas, vraiment !

Au moment où je commence ma descente, je rencontre 3 autres voyageurs qui s’étonnent de me voir là. Hé, c’est réciproque :) Mais tout va bien, on n’aura pas empiété sur le territoire des autres !

Mon sac plastique à la main, je descends la montagne, m’arrêtant régulièrement pour ramasser papiers de bonbon, bouchons de bouteilles, emballages de cigarettes, bouteilles en tout genre, etc. etc. A la fin, je n’ai plus assez de mes dix doigts et de mes deux petits sacs plastiques. Et ce n’est pas le grondement de tonnerre régulier qui va m’encourager à trouver une solution pour embarquer plus de trucs. Je cramponne ce que j’ai déjà, et accélère l’allure :  le ciel s’assombrit, le tonnerre est de plus en plus fort, ça finira par tomber.

De retour à la guérite de mi-chemin : plus personne. Les préposés ont levé le camp. Je laisse mes sacs d’ordures près de la porte, ils trouveront bien un endroit où les mettre, au moins ce n’est plus dans la forêt.

Et je me mets à courir. Le long de la route, direction la forêt de pins, on descend, on descend, il n’y a presque plus de lumière. Je cours, je ralentis quand il faut, je recours, j’envoie des petites prières au ciel menaçant au-dessus de ma tête. Quelques gouttes, ici et là. Rien de bien sérieux pour le moment, mais je sais qu’à un moment, « le ciel va s’ouvrir », et je n’ai plus de sacs plastiques pour protéger mon téléphone et mon appareil photo. Je continue à courir.

J’arrive en bordure de la forêt, le vent se lève, claque, la pluie commence à vraiment tomber. Je cours, je retrouve les chevaux. Ils se mettent à galoper eux-aussi et, pour un court instant magique, on est à courir ensemble, les chevaux et moi, sous les grondements de tonnerre, leur crinière volant au vent. Magique, vraiment.

Je redescends la crête, sans courir, en essayant de marcher aussi vite que possible. Je saute sur le chemin, un homme passe, je me remets à courir et il m’interpelle. Le seul Vietnamien du coin à parler Anglais, et qui passe exactement au moment où vous en aviez besoin. « Vous allez à l’entrée ? » Oui. « J’y vais aussi, il va pleuvoir trop fort. » Et comme si c’était le signal, le ciel s’ouvre. On galope jusqu’à sa moto, sous de la grêle (oui, je n’y croyais pas non plus), on l’enfourche, et nous voilà à voler sur le chemin de terre, moi agrippée à l’arrière en me disant qu’on va se rompre le cou (trop tard pour s’en inquiéter), et au bout de 2 longues minutes de douche, on arrive à la porte de la réserve. Je lance un merci, et cours me mettre à l’abri sous l’auvent d’un des magasins.

Il fait froid, je suis trempée de la tête au pied, les gens sont à barricader toutes leurs fenêtres et leurs portes. J’ai une pensée pour les 3 autres voyageurs qui n’auront pas eu d’autre choix que de se faire doucher, et puis j’ouvre mon téléphone pour le sécher avant que l’humidité n’aille dans les circuits. Et je suis là, à grelotter dans le froid, quand une femme me fait signe, prend une chaise, me fait signe de la suivre dans les méandres de son magasin… jusqu’à la cuisine, où elle place la chaise devant un petit feu dans un récipient en terre cuite. Je suis sauvée :) Une heure à attendre que le ciel se calme, et je suis sur les routes, de retour à Dalat :)

C’était juste génial !

Le feu qui m'a évité d'attraper une crève carabinée :)

Le feu qui m’a évité d’attraper une crève carabinée :)

Et pendant ce temps-là, imperturbable, une autre dame mangeait sa soupe de nouilles en lisant le journal :)

Et pendant ce temps-là, imperturbable, une autre dame mangeait sa soupe de nouilles en lisant le journal :)

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5 Commentaires

Publié par le 30 mars 2013 dans Vietnam

 

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5 réponses à “Aventure improvisée au Mont Lang Bian

  1. Guillaume

    26 juillet 2013 at 05:18

    Super le périple sur le mont Lang Bian!!!!!
    Je dois également partir au Vietnam, et je recherche aussi les aventures improvisées comme tu a fais. Et je m’aperçois que le GPS peut être un ami fidèle….pourrais-tu m’en indiquer la marque et comment tu as fait pour dégoter les cartes d’endroits tels que le Mont Lang Bian?Merci.Guillaume

     
    • Gaelle Linard

      26 juillet 2013 at 21:07

      Salut Guillaume! Ca fait plaisir de savoir que je ne suis pas la seule à vouloir faire des trucs du style! Mon GPS, c’est celui de mon téléphone HTC. Comme il a le wifi dessus aussi, je chargeais la carte Google Maps dessus à l’hôtel pour qu’elle s’enregistre dans les fichiers temporaires et que la résolution soit bonne même une fois non connectée. J’ai le Wildfire S, qui est petit donc pas trop cher. Sinon, pour les vrais GPS, je sais que les Garmin sont pas mal, mais ça n’a qu’une fonction alors que le téléphone… Sur TripAdvisor, dans Activities pour Da Lat, quelqu’un a marqué tous les tournants à suivre pour Lang Bian, avec des photos. Dis-moi si tu le trouves, et je t’indiquerai là où il faut pas le croire ;) Sinon, avec un smartphone ou un GPS, checke le site geocaching.com, ça devrait te faire sortir des sentiers battus sans soucis :) Bon voyage, et n’hésite pas si t’as des questions!

       
      • Guillaume

        29 juillet 2013 at 03:18

        Merci pour ta réponse et pour tous ces détails!! J’ai fini de lire toute ton aventure au Vietnam, et je crois que je vais te piquer quelques idées de visites:)!!!!

         
  2. BAJEUX sabine

    20 février 2014 at 15:04

    Super ce récit de ta rando !
    Bravo tu t’es bien débrouillée toute seule, même question comment fais tu pour avoir le wifi sur ton tel au Viêt Nam?
    Tu as un abonnement local j’imagine, car pour moi en tant que touriste avec forfait français il est pas envisageable de le faire depuis mon iPhone

     
    • Gaelle Linard

      20 février 2014 at 15:08

      Salut Sabine!

      Et non, pas de forfait local, et même pas de « roaming », je ne captais aucun réseau. Mais le GPS ne dépend pas du 3G/wifi, c’est indépendant. Essaye de couper le wifi et ton plan internet sur ton téléphone et de lancer le GPS, pour voir s’il te localise sur GoogleMaps. Pour Google Maps, je les chargeais à l’avance avec le wifi de l’hôtel: j’aggrandissais tout au max et me déplaçais sur la carte pour couvrir la zone. En général, l’appli garde les cartes en mémoire :) Essaye et dis-moi si ça marche avec l’iPhone :)

       

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