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Ce dont le monde ne parle pas

31 Mai

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« C’est quoi, cette photo ? » vous allez me dire. C’est une rue la nuit, non ? Oui, effectivement. Et vous ne remarquez rien de spécial ?

Le seul être vivant dans cette rue, c’est un chat qui traverse la route. Pas de voitures, de motos, de passants. Il est 19h30.

Pourquoi cette rue est-elle si vide, à une heure où tout le monde est d’habitude à manger sur le trottoir, à boire une bière avec ses amis, ou à rentrer après le travail ?

Allez, cherchez.

Vous n’avez rien entendu de particulier en ce qui concerne la Birmanie, récemment ?

Allez, je vous le donne. S’il n’y a personne dans la rue, c’est parce qu’il y a un couvre-feu. De 18h à 6h, tous les jours, depuis un mois et demi. Les Occidentaux, comme nous, peuvent se balader un petit peu, des exceptions sont permises à droite et à gauche mais, si la police ou l’armée vous trouve dans la rue à cette heure-ci, vous devez être capable de donner une bonne explication.

Maintenant, pourquoi est-ce qu’il y aurait un couvre-feu à Thazi, cette petite ville tranquille sur le bord du chemin de fer, à mi-chemin entre Inlé et Bagan ?

Tout simplement parce que, les 20 et 21 mars, une horde de bouddhistes a massacré 20 enfants & 4 professeurs, musulmans, à Meiktila, à quelques 20 km de là. Selon Global Research, en deux jours, les groupes de villageois armés ont brûlé 1500 maisons, détruit une douzaine de mosquées, 3 madrassas, et tué plus de 100 personnes. Des moines bouddhistes ont participé aux tueries. Une vidéo montre un adolescent se faire tuer d’un coup d’épée. Des photos montrent les corps, brûlés vifs.

Il est facile de pointer les Musulmans du doigt pour toutes les atrocités possibles et inimaginables. En Afrique, en Europe, ce sont toujours les coupables – ou du moins veut-on nous le faire croire. Mais lorsque ce sont eux, les victimes, le monde se tait… ou plutôt parle à voix basse. Car oui, on en parle. Un peu. Mais qui écoute ?

Dans l’état le plus proche du Bangladesh, les tueries ont commencé en juin 2012, avec un renouveau en octobre. Maintenant, elles s’étendent à tout le territoire, petit à petit. La banlieue de Rangoon, Meiktila. Lashio ce weekend. Un simple prétexte, et les gens s’embrasent.

Notre hôte pour la nuit nous racontait comment un adolescent de 16 ans, échappé de Meiktila, s’est réfugié avec d’autres Musulmans à Thazi. Ils sont officiellement des « déplacés internes », comme les 150 000 parqués dans des « camps de réfugiés internes » dans le pays. Cet adolescent en question, il rentrait chez lui en moto, la veille, quand une dame dans les 60 ans a traversé sous son nez. Léger accrochage, quelques éraflures pour les deux. Paniqué, il a voulu prendre sa moto & s’enfuir. C’est là que la dame a ameuté tout le quartier, les esprits se sont échauffés, notre hôte a dû appelé l’armée pour protéger cet adolescent. Depuis, il a dû re-déménager. Des gens venaient chez lui et demandaient à le voir…

Le gouvernement, officiellement pour l’étranger, ouvre des comités à droite et à gauche pour calmer la situation, offrir des solutions. La dernière en date : les musulmans (Rohingyas) ne pourront avoir que 2 enfants maximum. Interdiction d’en avoir 3, parce qu’ils « se reproduisent trop » et les Bouddhistes se sentiraient donc menacés. Parlons de droits de l’homme !

Officieusement, le gouvernement encourage les mensonges. Les Musulmans veulent transformer la Birmanie en pays islamiste. Ils marieront 4 femmes et n’en laisseront aucune pour les Bouddhistes. Nos femmes devront porter le voile. Et en plus, ils ne sont même pas Birmans (la majorité des Rohingyas, que l’on trouve également au Bangladesh, sont en fait là depuis plus de 4 générations).

Je vous laisse relire le paragraphe suivant. Et réfléchir à ce qu’on vous dit sur les Musulmans dans notre pays.

C’est tellement pratique d’avoir un coupable tout désigné.

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Quelques photos de Meiktila ICI.

Le Point : Pourquoi la Birmanie tue ses musulmans

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1 commentaire

Publié par le 31 mai 2013 dans Birmanie

 

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Une réponse à “Ce dont le monde ne parle pas

  1. autret

    16 octobre 2013 at 23:17

    ça fait froid dans le dos…je suis d’accord avec toi, on ne parle pas de tout ça.par chez nous ce sont les coupables tout trouvés pour tous les maux, c’est bien pratique et c’est tellement plus simple de stigmatiser sans se poser trop de questions…

     

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